Derrière les plages de Larnaca se cache une économie d’une densité rare. Chypre gère environ 4 % de la flotte marchande mondiale depuis ses bureaux de Limassol, et compte parmi les membres de son Shipping Chamber près de 2 900 navires pour 161 millions de tonnes brutes. Le secteur représente environ 7 % du PIB national, soit 1,9 milliard d’euros en 2025, avec une contribution au ship management qui dépasse 20 % de l’activité tierce mondiale. Ce n’est pas anecdotique pour l’aviation d’affaires : les dirigeants des grandes sociétés de gestion de navires, les armateurs grecs, libanais et scandinaves implantés localement génèrent un flux d’affaires régulier tout au long de l’année, vers Londres, Oslo, Singapour ou Athènes.
L’île attire aussi une autre clientèle, plus récente : les fondateurs de sociétés fintech, les gérants de fonds et les particuliers fortunés qui ont choisi Chypre pour sa fiscalité. Depuis le 1er janvier 2026, la règle dite des 60 jours a été simplifiée : il suffit de passer 60 jours sur l’île dans l’année (sans obligation de n’être résident fiscal nulle part ailleurs), de tenir un domicile permanent et de maintenir une activité professionnelle cypriote, pour bénéficier de la résidence fiscale locale. Les personnes non domiciliées à Chypre profitent d’une exonération de la contribution de défense spéciale (SDC) sur les dividendes et intérêts pendant 17 ans, désormais extensible à 27 ans. Ce cadre attire des profils qui voyagent souvent : allers-retours réguliers vers Genève, Zurich, Londres ou Dubaï, avec des appareils de catégorie midsize à heavy.
Le résultat pour l’aviation privée : une demande structurelle qui ne dépend pas de la météo ni de l’agenda touristique. Larnaca travaille en janvier comme en août, avec des acteurs très différents qui se relaient sur les mêmes parkings.